Tunis, — Le 17 septembre dernier, la journaliste tunisienne et militante des droits des femmes Arroi Baraket est arrêtée par une patrouille de police pour avoir enfreint le couvre-feu. Après avoir réglé l’amende forfaitaire, elle commence à filmer des véhicules qui continuent de circuler sans être arrêtés par la patrouille, et ce, malgré l’heure tardive.
#Tunisie: @Arroi_Baraket comparaîtra aujourd'hui. @EuroMedRights, @FrontLineHRD & @MinorityRights demandent l'abandon de toutes charges et l'ouverture immédiate d'une enquête impartiale sur l'agent de police qui l'a agressée !
👉 https://t.co/JOhRxuOUCH— EuroMed Rights (@EuroMedRights) October 22, 2021
L’un des policiers saisit alors son téléphone et l’agresse brutalement. Arroi Baraket, qui ne filmait pas les fonctionnaires de police, rappelle à l’agent son droit de filmer la rue en tant que journaliste. Cette remarque lui vaut des injures sexistes de la part de cet agent.
Le 21 septembre, elle dépose plainte pour cette agression auprès du procureur général de Tunis. Cette plainte n’a toujours pas été instruite quand elle apprend, le 30 septembre, qu’elle est convoquée au tribunal le 22 octobre dernier pour répondre à l’accusation de « violence extrême contre un agent public ». Un chef d’accusation qui pourrait lui valoir cinq années en prison.
Du statut de victime d’une agression de la part d’un agent public, Arroi Baraket est désormais victime d’une attaque du système judiciaire contre son statut de journaliste et de militante féministe.
Un cas qui n’est pas isolé
Cet incident est malheureusement loin d’être isolé. Pire encore, il est révélateur d’une culture institutionnelle de violence et d’impunité de la part des forces de police tunisiennes, notamment envers les défenseurs des droits des femmes et des droits LGBTQI+ en Tunisie.
Les organisations de la société civile tunisienne notent par ailleurs l’augmentation des faits de violences policières depuis le 25 juillet, date du gel du Parlement et du renvoi du Chef du Gouvernement par le Président Kais Saïd.
Ces violences systémiques, qui contrastent grandement avec la nomination, le 29 septembre, de la première femme Cheffe du Gouvernement de la Tunisie, rappellent qu’une politique volontariste en faveur des droits des femmes doit, pour être crédible, s’inscrire dans le respect de l’État de droit, des droits humains et des libertés fondamentales.
L’ONG EuroMed Droits appelle les autorités tunisiennes à abandonner les charges contre la journaliste et à ouvrir immédiatement une enquête impartiale sur l’agent de police qui l’a agressée.
Par Communiqué EuroMed Rights























