Lisbonne franchit un pas que beaucoup d’autres n’osent pas. Alors que des décennies d’occupation, d’apartheid et de négation des droits fondamentaux du peuple palestinien se poursuivent dans une quasi-indifférence diplomatique, le gouvernement portugais a annoncé ce jeudi son intention de reconnaître l’État de Palestine à l’occasion de la 80e Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain.
Une décision encore soumise à consultation avec le président de la République et le Parlement, mais qui marque un signal fort : le temps de l’attentisme et des discours creux pourrait enfin laisser place à des actes concrets. Le cabinet du Premier ministre Luis Montenegro précise dans un communiqué que « le Portugal envisage la reconnaissance de l’État palestinien », dans le cadre d’une procédure qui pourrait être finalisée « lors de la semaine de haut niveau » de l’Assemblée à New York.
À l’heure où Gaza est ravagée par les bombardements et l’embargo, où les colonies illégales s’étendent en toute impunité et où des milliers de civils palestiniens paient chaque jour le prix de l’inaction de la communauté internationale, ce geste attendu revêt une portée éthique, politique et symbolique.
Le Portugal, en rejoignant les pays européens comme l’Espagne, l’Irlande ou la Norvège qui ont déjà reconnu la Palestine, affirme son refus de céder au chantage diplomatique et à la realpolitik pro-israélienne. Il choisit au contraire de se ranger du côté du droit international, de la dignité humaine, et d’un peuple qui réclame simplement justice et reconnaissance.
Une reconnaissance ne mettra pas fin à l’occupation, mais elle envoie un message clair : le monde ne peut plus rester complice, par son silence, de l’effacement programmé de la Palestine. Et si cette reconnaissance s’impose aujourd’hui comme un impératif moral, elle doit aussi être un levier pour relancer un processus de paix réel, basé sur le droit, l’égalité et la souveraineté des peuples.























