Rome – Dans un monde bouleversé par les conflits et les tensions énergétiques, l’Italie a trouvé en Algérie bien plus qu’un simple fournisseur de gaz : un véritable partenaire stratégique. Depuis que Rome s’est engagée à se libérer de sa dépendance au gaz russe, Alger s’est imposée comme un allié fiable. Une dynamique que la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, qualifie de « relation plus solide que jamais ».
Lors du cinquième sommet intergouvernemental entre les deux pays, doublé d’un forum économique réunissant plus de 300 entreprises italiennes, une quarantaine d’accords ont été signés : institutionnels, commerciaux, culturels et énergétiques. Une étape décisive dans le rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, saluée par Meloni aux côtés du président algérien Abdelmadjid Tebboune.
Énergie, sécurité, culture : un partenariat à plusieurs dimensions
L’énergie reste le pilier de cette coopération. L’Algérie assure déjà près de 40 % des importations de gaz italien, via le groupe Eni, qui prévoit de renouveler et d’amplifier ses engagements à travers un protocole d’accord avec Sonatrach. Mais l’ambition va plus loin : hydrocarbures, transition énergétique, énergies renouvelables. L’Italie voit dans l’Algérie un levier majeur pour sécuriser son avenir énergétique et celui de l’Europe.
Autre axe de collaboration : la sécurité en mer Méditerranée, avec la signature d’un plan opérationnel entre les deux gouvernements pour améliorer les opérations de recherche et de sauvetage dans leurs zones maritimes respectives. La lutte contre le terrorisme, la défense et la gestion des flux migratoires font également partie des priorités.
En parallèle, un centre Enrico Mattei pour la recherche agricole verra le jour en Algérie. La coopération s’étend même à des domaines inattendus : coproduction cinématographique, reconnaissance mutuelle des permis de conduire, et valorisation conjointe du patrimoine historique lié à saint Augustin, figure majeure du christianisme ayant vécu entre l’Algérie et l’Italie.
Une relation économique en plein essor
Sur le plan commercial, les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Italie est désormais le premier partenaire de l’Algérie au niveau mondial, tandis qu’Alger est devenue le principal partenaire africain de Rome. Le potentiel du marché algérien est estimé à 2,3 milliards d’euros d’exportations italiennes, selon les projections de Confindustria.
Plusieurs projets phares ont été officialisés :
- un protocole pour développer les activités de Stellantis en Algérie,
- un accord entre Telecom Italia Sparkle et Algérie Télécom pour la pose d’un câble sous-marin,
- un partenariat entre l’ICE et Sonarem pour la création d’un centre de formation dans le secteur du marbre.
Pour Matteo Zoppas, président de l’ICE, ce partenariat repose sur un échange équilibré : « Nous apporterons notre savoir-faire et notre formation, et en retour, ils achèteront machines et technologies italiennes. »
Une vision partagée face aux défis internationaux
Sur les dossiers brûlants de l’actualité internationale, l’Italie et l’Algérie affichent une convergence de vues. Meloni et Tebboune ont exprimé une même inquiétude face à la situation dramatique à Gaza, appelant à un cessez-le-feu immédiat et à une relance du processus de paix. L’instabilité persistante en Libye, aux portes de leurs territoires, alimente également une vigilance commune en matière de sécurité.
Le Plan Mattei, instrument stratégique italien de coopération euro-méditerranéenne, trouve en Algérie un terrain d’application concret et prometteur. Le prochain sommet bilatéral est prévu en 2027 à Alger, avec l’ambition partagée d’écrire, d’ici là, « une nouvelle et belle page » de leur histoire commune.























