Lors de son bilan politique de fin de session, présenté mardi 28 juillet au palais de la Moncloa, le président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a mis en avant les performances économiques de l’Espagne face à ses grands voisins européens. « Nous allons clôturer 2026 en croissant cinq fois plus que l’Italie, quatre fois plus que l’Allemagne et trois fois plus que la France », a-t-il déclaré, sous le slogan « Cumpliendo » (En tenant nos engagements).
Cette affirmation s’appuie sur les dernières prévisions de croissance du PIB. Le gouvernement espagnol et la Commission européenne tablent désormais sur une hausse de 2,6 % pour l’Espagne en 2026, après une révision à la hausse de quatre dixièmes. Le Fonds monétaire international (FMI) reste plus prudent avec 2,1 %, tandis que l’OCDE table sur 2,2 %. En comparaison, les projections pour l’Italie tournent autour de 0,5 %, pour l’Allemagne entre 0,6 % et 0,7 %, et pour la France autour de 0,6 % à 0,8 %, selon les organismes internationaux.
Sánchez a souligné que l’Espagne enchaîne « presque trois ans » comme la grande économie de l’Union européenne qui croît le plus rapidement, dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, les guerres et la crise énergétique. Il a lié ces résultats à la confiance des investisseurs : l’Ibex 35 bat des records, plus de 60 000 nouvelles entreprises ont été créées depuis le début de l’année, et l’Espagne attire des flux d’investissements étrangers.
Le chef de l’exécutif a également mis en lumière les données de l’emploi publiées le même jour. L’enquête sur la population active (EPA) du deuxième trimestre révèle une baisse du chômage de 213 300 personnes et un record historique de 22,77 millions d’occupés. La population active affiliée à la Sécurité sociale dépasse les 22,5 millions, soit 3,4 millions de plus qu’en 2018. Le taux de chômage est repassé sous la barre des 10 %, son plus bas niveau depuis 18 ans.
Ce bilan intervient à un an de la fin théorique de la législature. Sánchez a insisté sur le fait que « la législature a encore du parcours » et qu’il reste du temps pour poursuivre les réformes. Il a présenté ces chiffres comme la preuve que l’Espagne « se trouve dans un endroit infiniment meilleur » qu’en 2018, tout en rappelant le rôle des fonds européens Next Generation dans la résilience économique du pays.
Si les données de croissance relative sont confirmées par plusieurs institutions, certains observateurs soulignent que les écarts exacts dépendent des sources (les ratios de Sánchez correspondent davantage aux prévisions de la Commission européenne qu’à celles du FMI). Le discours triomphal a toutefois été salué par les partisans du gouvernement comme une démonstration de solidité économique dans un environnement européen atone.


























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